Ce sont les révélations sur certains chèques de la généreuse milliardaire qui ont mis en lumière ces écuries dédiées à une seule personne et comptant de très rares adhérents - voire aucun. C'est que ces partis de poche, à la façon de la fameuse «association de soutien à l'action d'Eric Woerth», ont fait florès à droite. Pas moins de sept ministres en ont créé un.
«C'est une stratégie de financement de l'UMP», gronde, ce lundi, le porte-parole du PS, Benoît Hamon. Le parti présidentiel «conseille» à ses responsables «de créer leur microparti» croit-il savoir, et «dès lors que ces micropartis permettent à des grandes fortunes de multiplier les dons, c'est un contournement de l'esprit de la loi». De quelle manière? En s'engouffrant dans une faille de la législation encadrant le financement privé de la vie politique. Les dons sont limités à 7.500 euros par personne physique, par an... et par organisation. Ainsi, rien n'empêche un donateur de signer plusieurs chèques à des formations distinctes. Et de crever ce plafond des 7.500 euros.
François Fillon qui a lui-même fondé son propre microparti, France.9, a plaidé lundi, depuis Nouméa, pour un maintien d'un financement public de ces structures satellites de grands partis comme l'UMP ou le PS. "Toute personne, qui en France veut "créer une structure politique, engager une réflexion politique, a le droit de le faire et de se faire financer", a rappelé François Fillon. "L'important, c'est que ce soit transparent, et c'est transparent", a-t-il assuré.
Le nombre de ces microstructures est ainsi passé de 27 à près de 300. Elles récoltent chaque année des dizaines de milliers d'euros. Dans cette galaxie, plusieurs sont dévolus à des personnalités, dont des ministres UMP : Association de soutien à l'action d'Éric Woerth (ASAEW), Nouvel Oxygène (Laurent Wauquiez), Agir pour Colombes (Rama Yade), Changer c'est possible (Valérie Pécresse), Association de soutien à l'action de Benoist Apparu (secrétaire d'État au Logement). Révélée par Le Point, la collecte de fonds menée fin juin auprès d'hommes d'affaires à Londres par le secrétaire d'État Laurent Wauquiez, en marge d'un déplacement officiel, a relancé la polémique. |