Le ministre français de l'Education nationale, Luc Chatel, défend les pistes envisagées pour compenser le non-remplacement d'un professeur sur deux partant à la retraite. La fuite d'une note interne dans la presse lundi a suscité une levée de boucliers des syndicats et les condamnations de la gauche, poussant le ministre à expliquer sa méthode.
Le Parti socialiste évalue entre 15.000 et 17.000 le nombre de postes supprimés en 2011 mais le ministre a refusé de confirmer ces chiffres. Les académies sont chargées de réfléchir aux leviers à actionner pour contribuer à cet objectif. Parmi les pistes d'économie proposées, figurent l'augmentation de la taille des classes, la réduction de la scolarisation des enfants de deux ans, une meilleure organisation des remplacements ou la suppression de postes d'assistants étrangers en langue.
"La question des moyens n'est pas la réponse aux problèmes de l'Education nationale aujourd'hui", a dit Luc Chatel mardi dans les couloirs de l'Assemblée nationale. "J'ai choisi une méthode qui consiste à ne pas décider de manière autoritaire depuis le ministère mais à travailler académie par académie, école par école à partir de besoins locaux", a-t-il poursuivi. La fermeture d'écoles rurales est envisagée mais c'est le cas chaque année, en même temps que des ouvertures d'écoles selon les besoins, a encore dit Luc Chatel.
Le Parti socialiste a dénoncé dans un communiqué un gouvernement "cynique et brutal". "Les documents communiqués aux inspecteurs d'académie par le ministère font craindre une dégradation sans précédent des conditions d'études de nos enfants et en particulier des plus fragiles d'entre eux", écrivent le premier secrétaire, Martine Aubry, et le secrétaire national à l'Education, Bruno Julliard.
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