Henri Salvador est décédé mercredi à Paris à l'âge de 90 ans. Il s'est éteint à son domicile parisisien, à la suite d'une rupture d'annévrisme, a indiqué sa maison de disque. Qu'elles aient charmé ou fait rire, ses chansons ont marqué plusieurs générations.
Né à Cayenne, en Guyane, le 18 juillet 1917, Henri Salvador arrive enfant en métropole. Son envie de devenir musicien naît de sa découverte du jazz, Louis Armstrong et Duke Ellington. Guitariste de jazz reconnu, il se produit dès 16 ans dans les cabarets parisiens, où il accompagne notamment Django Reinhardt. Repéré par Ray Ventura, il rejoint son orchestre, qui part pour une tournée en Amérique du Sud en 1941. Salvador devient une vedette au Brésil, où il passe quatre ans.
De retour à Paris, il sort en 1947 son premier disque, "Maladie d'amour", un tube. D'autres suivront, comme "Le loup, la biche et le chevalier" (1949), "Blouse du dentiste" et "Faut rigoler", deux des nombreuses chansons écrites avec Boris Vian au milieu des années 50. Viennent ensuite dans les années 60 "Le lion est mort ce soir", "Zorro est arrivé", "Syracuse" ou "Le travail c'est la santé".
Il conquiert aussi le public par ses talents de "showman" à la télévision, dans les émissions "Salves d'or" puis "Dimanche Salvador". L'an 2000 marque son retour au premier plan grâce à "Chambre avec vue", album bossa nostalgique écrit par de jeunes musiciens, dont Keren Ann et Benjamin Biolay. A l'occasion de son dernier concert le 21 décembre 2007 au Palais des Congrès de Paris, il rappelle avec l'auto-dérision dont il aime jouer qu'il est le plus âgé des chanteurs français: "Aznavour a 83 ans, Chevalier est mort à 84, Trenet à 86 ou 88. Il n'y a que Jeanne Calment qui m'ait battu, mais elle chantait comme une enclume!"
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