Le ton monte entre les étudiants tibétains et le Comité international olympique. Tenzin Dorjee, le responsable de l'association des Etudiants tibétains pour un Tibet libre a dénoncé devant la presse le silence des organisateurs des jeux. " Je tiens Jacques Rogge et le CIO pour personnellement responsables de ce qui se passe au Tibet," a-t-il déclaré." Tenzin Dorjee a été arrêté lors du passage de la flamme à Olympie avant de pouvoir manifester. "Honte à la Chine ! n'envoyez pas la flamme au Tibet ! Libérez le Tibet ! Le Tibet est un pays indépendant !" a-t-il martelé lors de son interpellation.
Face à cette attaque directe, le président du CIO, Jacques Rogge, a défendu sa politique de silence diplomatique vis à vis de Pékin. Ses arguments : le comité olympique n'est ni un organisme politique, ni une ONG. Il s'aligne sur la majorité. " Il n'y a aucun élan d'aucune sorte aujourd'hui. Il n'y a aucun élan crédible en faveur d'un boycott. Les principaux gouvernements n'en veulent pas, la communauté sportive non plus," a-t-il assuré.
Les exilés tibétains réclament ce boycott. Pour la France, qui exercera la présidence de l'Union européenne à partir du 1er juillet, c'est l'embarras. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères, se réfugie derrière le Dalaï Lama. " On ne peut pas être plus tibétain que le Dalaï Lama. Il est absolument contre le boycott des JO et il demande une autonomie culturelle. Nous sommes pour cela," a-t-il expliqué.
Mais les exilés tibétains ont perdu patience et leurs revendications sont plus radicales que celles du Dalaï Lama. Ce qu'ils visent, c'est l'indépendance. Et faute de pouvoir croiser le fer directement avec les dirigeants chinois, ils ont bien l'intention de maintenir la pression sur le comité olympique.
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