Le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a tenté de rassurer les producteurs de fruits et légumes français échauffés par la demande de Bruxelles de rembourser des subventions touchées dans les années 1990. A l'issue d'une réunion avec les professionnels, le ministre a annoncé le lancement d'une expertise "pour savoir qui a réellement bénéficié de cette aide, dans quel cadre et lesquelles sont susceptibles d'être illégales".
Il a annoncé en outre un plan de soutien intégrant des allégements de charges et de cotisations sociales à ce secteur en crise qui emploie plus de 150.000 personnes. Les représentants des producteurs ont toutefois répété qu'il n'était pas question pour eux de rembourser les 500 millions d'euros réclamés par l'Union européenne."Le principal pour nous, c'est que les producteurs n'aient pas à débourser le moindre centime, surtout dans l'état actuel", a déclaré Bruno Dupont, président de la Fédération nationale des producteurs de fruits, branche spécialisée de la FNSEA.
Bruno Le Maire a dit qu'il contesterait le montant de la somme réclamée par Bruxelles, qu'il juge "largement surévalué". "Il n'est pas question pour la France de rembourser 500 millions d'euros", a-t-il dit, expliquant que ce montant correspondait à 138 millions d'euros de subventions versées entre 1992 et 2002, auxquels se sont ajoutés des intérêts.
Au-delà de ce problème de subventions, il a annoncé un plan de soutien au secteur des fruits et légumes, confronté à des problèmes de surproduction et de concurrence internationale. La baisse des prix a atteint 17,6% entre juin 2008 et juin 2009. "Le secteur des fruits et légumes est en crise. On a des prix inférieurs à notre coût de production", a expliqué à Reuters Jean-Claude Guéhennec, maraîcher dans les Yvelines. |