Lors du deuxième débat télévisé de la campagne interne du PS, les trois présidentiables socialistes se sont vivement opposés sur la proposition de Ségolène Royal de créer des "jurys de citoyens" pour évaluer l'action des élus.
Laurent Fabius a appelé les socialistes à "ne pas épouser une espèce de populisme qui serait extrêmement dangereux et qui ferait le lit de l'extrême-droite": "Il faut évidemment que les élus rendent des comptes, mais ça la plupart des élus le font. Mais lorsqu'on dit qu'il faut mettre sous surveillance les élus, c'est du coup introduire une distance, une méfiance à l'égard des élus que je crois ils ne méritent absolument pas", a ajouté l'ancien Premier ministre.
"Je ne fait pas partie de ceux qui pensent qu'on peut bâtir une société sur la suspicion généralisée", a renchéri Dominique Strauss-Kahn. "Quand on voit un étranger, un immigré, on pense que c'est un clandestin, un jeune que c'est un délinquant, un élu que c'est un corrompu ou un chômeur que c'est un fraudeur". "Si nous nous engageons dans cette voie qui oppose tout le monde à tout le monde, nous verrons sous nos yeux la France se défaire", a averti l'ancien ministre de l'Economie.
Les "jurys de citoyens" sont l'une des réponses à la crise politique et morale que traverse la France, a répliqué Ségolène Royal, élevant la voix et proposant même d'ouvrir le conseil des ministres au public."Si l'on pense que tout va bien et qu'il faut continuer comme ça et bien continuons ! Mais moi je pense que tout ne va pas bien. Non tout ne va pas bien! Je ne veux pas à nouveau revivre le 21 avril" 2002, et l'élimination du candidat socialiste au premier tour de la présidentielle, a-t-elle poursuivi, évoquant des "pans entiers" de l'électorat, notamment les classes populaires, qui "sont exclus de la politique".
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