Pouvoir d'achat, chômage, retraite, délocalisations, taxe carbone: les thèmes de discussion ne manquaient pas, les points de friction non plus. A moins de deux mois des élections régionales, Nicolas Sarkozy s'est employé lundi soir sur TF1 à défendre ses réformes face à onze citoyens peu épargnés par la crise, l'occasion d'un dialogue courtois mais aussi tendu par instants.
Le décor cosy de l'émission "Paroles de Français" et les bons offices de l'animateur Jean-Pierre Pernaud n'ont pas empêché le chef de l'Etat d'être pris à parti par l'ouvrier automobile Pierre Le Ménahès, syndiqué à la CGT, qui a dénoncé les choix gouvernementaux en matière d'industrie et de délocalisations.
"Quand j'entends parler de partage, aujourd'hui, les foyers français partagent essentiellement les licenciements", a lancé l'ouvrier sous-traitant de Renault. "On peut me reprocher beaucoup de choses (...) mais on ne peut pas me reprocher de ne pas me battre", s'est défendu Nicolas Sarkozy. "Et on ne peut pas reprocher à la direction actuelle de Renault de corriger les erreurs des directions précédentes." Le ton est encore monté d'un cran lorsque le président a demandé à son interlocuteur de reconnaître que "le plan de soutien à l'automobile a protégé l'emploi". Réponse du syndicaliste: "Non, ça n'a pas servi l'emploi, sinon ça se saurait. Et ça, c'est la France qui se lève tôt, M. Sarkozy!"
Parmi les premiers à réagir à cette émission, l'eurodéputé socialiste Harlem Désir a estimé que Nicolas Sarkozy n'avait "certainement pas réglé la crise de confiance" entre lui et ses concitoyens: "tout au long de ce dialogue, il a été confronté à des Français qui le renvoyaient à l'absence de résultats, et lui se décernait une sorte d'auto-satisfecit permanent", a-t-il constaté. Le Premier ministre François Fillon a pour sa part jugé que Nicolas Sarkozy avait "su expliquer que la réforme était la condition indispensable à notre redressement économique et au progrès social".
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