Après avoir recadré sèchement, lundi, son ministre de l'Éducation Vincent Peillon pour ses propos sur la dépénalisation du cannabis et mis en garde l'ensemble des membres du gouvernement contre toute tentative de cavalier seul, Jean-Marc Ayrault a poursuivi son opération de reprise en main mardi. Il "est là pour remettre dans le bon couloir ses ministres".
«Je ne suis pas premier ministre par hasard», a-t-il assené mardi après-midi à l'Assemblée lors de la séance de questions au gouvernement. Jean-Marc Ayrault répondait à une question de la droite, qui l'attaquait sur la cacophonie de ces dernières semaines, mais s'adressait aussi à son camp qu'il veut mettre au pas.
Une semaine après le vote du traité européen, qui a vu 17 députés socialistes voter contre, et quelques jours après les déclarations du président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone sur l'objectif «absurde» des 3 % de déficit public à fin 2013, voici la majorité dans le collimateur de Matignon.
Le chef du gouvernement a ainsi dit «non» au député PS et rapporteur général du budget à l'Assemblée, Christian Eckert, qui proposait d'inclure les œuvres d'art dans l'ISF et avait fait voter cet amendement en commission des finances. Ayrault a également adressé une fin de non-recevoir à ceux qui proposaient d'étendre la redevance audiovisuelle à la résidence secondaire. «Non, ce n'est pas la position du gouvernement», a-t-il ainsi tranché sur Europe 1 mardi matin.
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