La large avance des islamistes d'Ennadha aux premières élections libres en Tunisie dimanche et l'instauration de la charia en Libye inquiètent les éditorialistes de la presse française mardi. «Une fois de plus, une consultation électorale, jugée libre et sans incidents, débouche, dans un pays arabe, sur une victoire indiscutable des islamistes», affirme Pierre Rousselin dans Le Figaro.
Pour Nicolas Demorand de Libération, «la fin des dictatures du monde arabe risque d'installer l'islam politique au pouvoir», car, selon lui, «aspirer à la liberté ne suscite pas magiquement une société sécularisée».
«Chacun voit bien le danger que peut représenter un groupe parlementaire islamiste tout-puissant» en Tunisie, même «si les responsables d'Ennahda ont pris soin de se désolidariser des récentes exactions de mouvements islamistes, comme les salafistes», écrit Jean-Emmanuel Ducoin dans L'Humanité.
Dans La Croix, Dominique Quinio reconnaît que «malgré ces points d'alerte, il ne saurait être question de regretter que des tyrans soient tombés». |