François Fillon a nettement revu à la baisse ses ambitions pour la croissance, espérant seulement "un peu plus de 1%" cette année, ce qui laisse planer le doute sur la capacité de la France à freiner son déficit public.
Une révision des plus brutales puisque le gouvernement tablait jusqu'alors sur une croissance comprise entre 1,7% et 2,0% pour 2008. "Nous sommes frappés par une décélération de l'économie mondiale qui est très, très sérieuse", a justifié le chef du gouvernement.
L'aveu de François Fillon est particulièrement lourd de conséquences pour les finances publiques, le budget 2008 ayant été bâti voici près d'un an sur une hypothèse de croissance de 2,25%. Les rentrées fiscales seront moindres. Le ministre du Budget, Eric Woerth, avait déjà prévenu que le ralentissement économique entraînerait une perte de 3 à 5 milliards d'euros par rapport aux recettes escomptées.
Des recettes fiscales dont le gouvernement a cruellement besoin pour contenir le déficit public. "Nous faisons tout ce que nous pouvons, je ne peux pas imaginer que la France dépasse à nouveau la barre des 3% du PIB" autorisée par Bruxelles, dit Christine Lagarde dans une interview à La Tribune. Si au ministère de l'Economie, on assure que le ralentissement de la croissance aura "un impact très modéré sur le déficit public", le ministère du Budget répond par un silence gêné à l'annonce de François Fillon: "aucun commentaire aujourd'hui".
|