Nicolas Sarkozy a défendu vigoureusement Eric Woerth lundi soir dans le cadre de l'affaire Bettencourt -demandant toutefois à son ministre du Travail d'abandonner son poste de trésorier de l'UMP. Il a passé en revue les axes majeurs de sa politique, à commencer par la réforme des retraites, lors de son intervention télévisée sur France-2.
L'affaire Woerth-Bettencourt a été longuement abordée par le président lors de cette émission spéciale d'une heure sur la chaîne publique. Il a annoncé qu'il allait demander à une "commission" composée de représentants de toutes les familles politiques de réfléchir "dès la semaine prochaine à la façon dont on doit ou non compléter ou modifier la loi" en vue d'éviter à l'avenir tout risque de conflit d'intérêts.
Selon lui, une "campagne de calomnie" a été déclenchée pour faire obstacle à la réforme des retraites. "Il y a quatre ans, au moment où j'ai pris la présidence de l'UMP, j'ai eu affaire à l'invraisemblable histoire Clearstream, et voilà qu'avec la réforme des retraites, on me décrit comme quelqu'un qui, depuis vingt ans, irait chez Mme Bettencourt, pour ramasser des enveloppes: c'est une honte", s'est-il indigné, faisant référence à des allégations attribuées à l'ancienne comptable de la milliardaire Liliane Bettencourt par le site d'information en ligne Mediapart.
Il a ensuite consacré une longue séquence à défendre sa réforme des retraites, qui doit être présentée mardi matin en conseil des ministres. Sur le sujet, le gouvernement restera "à l'écoute" jusqu'à l'automne, a-t-il assuré. Le président a aussi défendu sa politique fiscale, basée, a-t-il insisté, sur le refus d'augmenter les impôts. "Nous n'avons pas encore décidé exactement" quelles niches fiscales feraient les frais de l'économie de 10%, soit 7 à 9 milliards d'euros, mais "certaines seront supprimées", a-t-il précisé. "D'une manière générale, il faut qu'on fasse un effort: la France ne peut pas vivre au-dessus de ses moyens", a réaffirmé le chef de l'Etat, préférant ne pas parler de "rigueur" mais de "rigoureux", car "le mot 'rigueur' est connoté en France. Ce qui ne me fait pas peur, c'est le mot 'rigoureux': ça veut dire qu'on revient à l'équilibre. Je le ferai".
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