| Débouté en première instance, Nicolas Sarkozy poursuit en appel son combat judiciaire pour faire retirer de la vente une poupée vaudou à son effigie. Son avocat, Me Thierry Herzog, a soutenu que le chef de l'Etat avait vu son "droit à l'image" violé par un objet commercial qui ne peut bénéficier de la liberté d'expression.
Ses contradicteurs s'appuient sur le droit à l'humour et la liberté d'expression, retenus par le premier jugement. L'arrêt a été mis en délibéré au 28 novembre. Me Herzog a expliqué à l'audience de la cour d'appel de Paris que le président de la République se présentait "en qualité de citoyen". "Il n'est pas au-dessus des lois mais n'a pas à être en dessous", a-t-il fait valoir.
La société d'édition Tearprod et son avocat, Me Arnaud Rouillon, répondent que l'objet et la biographie satirique du président avec laquelle il est vendu constituent une oeuvre de l'esprit, une "caricature, qui même grossière et provocante, relève de la liberté d'expression". Le 29 octobre, le tribunal avait invoqué la liberté d'expression et le "droit à l'humour", déboutant pour la première fois un président en exercice d'une demande judiciaire et le condamnant à payer les frais de justice. L'ouvrage de 56 pages, "Nicolas Sarkozy, le manuel vaudou", a vu son premier tirage de 20.000 exemplaires épuisé.
Les lecteurs sont invités à planter les épingles dans la poupée, sur le mode du rituel de malédiction prêté au vaudou, religion d'origine africaine très implantée dans les Antilles, pour fustiger symboliquement des expressions utilisées par le président ou des mentions rappelant son action, "Casse-toi, pauv'con", "Racaille", "Travailler plus pour gagner plus".
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