En prônant le droit de vote des étrangers aux élections locales, Nicolas Sarkozy embarrasse ses troupes de l'UMP majoritairement hostile à cette réforme et tente de "gauchiser" son discours jusqu'à présent très marqué à droite.
"A titre personnel, je considère qu'il ne serait pas anormal qu'un étranger en situation régulière, qui travaille, paie des impôts et réside depuis au moins dix ans en France, puisse voter lors des élections municipales", explique-t-il dans "Le Monde" daté de mardi.
"Notre politique d'immigration doit être à la fois ferme et humaine", affirme le ministre de l'intérieur. Dès lors, "je souhaite qu'on expulse ceux qui n'ont pas de papiers, mais aussi qu'on renforce les droits des immigrés en situation légale. J'ouvre un débat en faveur d'une mesure que je pense juste".
Le patron de l'UMP qui, dès son retour au gouvernement en juin, a incarné une droite dure - en témoignent ses appels à "nettoyer au Kärcher" la cité de La Courneuve - se retrouve ainsi sur un terrain où son électorat ne l'attendait pas, comme lorsqu'il avait abrogé la double peine en novembre 2003.
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