Au lendemain des critiques de l'Eglise catholique sur la politique d'immigration du gouvernement, Nicolas Sarkozy ne ménage pas ses efforts pour enrayer la défiance croissante de l'électorat catholique à son égard. Après avoir célébré, jeudi dernier, à Vézelay «l'héritage chrétien» de la France, après avoir fait projeter Des hommes et des dieux à l'Elysée, le chef de l'Etat rencontre vendredi Benoît XVI pour la troisième fois depuis son élection.
Le but de cette visite est bien sûr d'apaiser le malaise causé cet été par les expulsions de Roms. L'intervention du pape, le 22 août dernier, appelant en français à «accueillir les légitimes diversités humaines» a été perçue par beaucoup comme une condamnation du virage sécuritaire du gouvernement.
L'histoire avait pourtant bien commencé. En 2007, Nicolas Sarkozy avait tout pour plaire aux catholiques. Auteur d'un ouvrage sur la République et la religion, multipliant pendant la campagne les références à Jean-Paul II. Il a laissait même entendre qu'il allait se retirer dans un monastère après son élection pour «se retrouver face à lui-même» et «habiter la fonction présidentielle». En décembre, le chef de l'Etat avait encore donné des gages aux fidèles de l'Eglise en développant au Vatican le concept de «laïcité positive» qui «ne considère pas les religions comme un danger, mais un atout» et valorise la croyance en Dieu.
Mais la lune de miel ne fut que de courte durée. Car en fait de séjour contemplatif, le président de la République a préféré célébrer son élection sur le yacht de Vincent Bolloré, au large de l'île de Malte. Suivent le divorce avec Cécilia, le remariage avec Carla, la présentation au pape de Jean-Marie Bigard… Autant de signaux négatifs envoyés à l'électorat catholique. |