Nicolas Sarkozy a annoncé mardi un durcissement des conditions de sortie des patients hospitalisés d'office dans les établissements psychiatriques. Ces établissements bénéficieront aussi d'un plan de 70 millions d'euros pour leur sécurisation et pour l'accueil des malades les plus difficiles.
Il a annoncé un projet de loi que devra préparer sa ministre de la Santé Roselyne Bachelot sur l'hospitalisation d'office. Mesure-phare: la sortie, même temporaire, des patients hospitalisés de force sera désormais soumise à l'approbation finale du préfet. "La décision, ce doit être l'Etat ou dans certains cas la justice, pas les experts", a-t-il jugé. Même si "l'avis des experts est indispensable", "je ne suis pas pour une société d'experts", a-t-il lancé devant une centaine de professionnels de la psychiatrie qui ont manifesté une certaine désapprobation.
"Les malades potentiellement dangereux doivent être soumis à une surveillance particulière", "certains patients hospitalisés sans leur consentement seront équipés d'un dispositif de géolocalisation" capable de donner l'alerte en cas de fugue, a-t-il annoncé et des chambres d'isolement seront également aménagées.
Beaucoup de médecins ont marqué leur réticence face à l'accent mis sur la surveillance et les malades hospitalisés sous la contrainte. Le Pr Jean-Pierre Olié, chef de service hôpital Sainte-Anne de Paris, a jugé "surprenant" la surveillance du patient par GPS, qui relève selon lui de la "confusion entre délinquance et maladie".
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