Ce soir, à l’annonce des résultats, les partisans de Zohran Mamdani ont explosé de joie. Beaucoup d’entre eux disent que cette victoire leur redonne de l’espoir. Dans son discours de victoire, le premier maire musulman de la plus grande ville des Etats-Unis a estimé que son élection marquait la victoire de « l'espoir sur la tyrannie » et qu' « en cette période d'obscurité politique, New York sera la lumière ». Qualifiant le président américain de « despote », il l'a interpelé directement sur sa politique anti-immigration marquée par des raids parfois violents. « New York restera une ville d'immigrants (...) Pour atteindre l'un d'entre nous, vous devrez d'abord nous passer sur le corps ! »
C'est une victoire historique à plusieurs égards, rappelle notre correspondante à New York, Loubna Anaki. Zohran Mamdani est le plus jeune maire élu à New York depuis plus de 100 ans, le premier musulman, le premier d’origine d’Asie du Sud. Un profil qui, au début de cette campagne, avait fait de lui un vainqueur improbable. L’élu du Queens, âgé de 34 ans, a devancé l’ancien gouverneur de l’État, Andrew Cuomo, et le républicain Curtis Sliwa, selon plusieurs médias américains après les premiers décomptes. Vainqueur surprise de la primaire démocrate en juin, il est resté en tête des sondages, même après le retrait du maire sortant Eric Adams, qui avait appelé à voter pour Cuomo.
Très populaire auprès des jeunes, il a également mobilisé de nombreux électeurs qui s’étaient éloignés de la politique. À 18 h, 1,75 million de votants s’étaient exprimés, contre 1,15 million lors de la dernière municipale en 2021. Le président américain, qui a fait de Zohran Mamdani l'une de ses nouvelles bêtes noires, a rapidement réagi. « Trump n'était pas sur les bulletins de vote, et la paralysie budgétaire, (sont) les deux raisons pour lesquelles les républicains ont perdu les élections ce soir, selon les sondeurs », a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social. Il avait plus tôt appelé les électeurs juifs à faire barrage au jeune candidat.
Le soutien de Donald Trump à son principal adversaire, concédé du bout des lèvres, n'a donc pas été favorable, ou n'a pas suffi, à l'ex-gouverneur. Pas plus que l'appel du président aux électeurs juifs à faire barrage au candidat musulman. « Toute personne juive qui vote pour Zohran Mamdani (...) est une personne stupide !!! », avait écrit dans la journée le milliardaire républicain sur sa plateforme Truth Social, accusant ce dernier, militant de la cause palestinienne, de les « haïr ».
Tout au long de la campagne, Mamdani a été attaqué pour son opposition à la politique israélienne. Il est toutefois resté ferme sur ses positions, multipliant dans le même temps les manifestations de soutien à la communauté juive. Au sein du Parti démocrate, il ne fait pas l’unanimité : plusieurs figures, dont le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer, ne le soutiennent pas publiquement. Né en Ouganda dans une famille d’intellectuels d’origine indienne et arrivé aux États-Unis à 7 ans, Zohran Mamdani a été naturalisé en 2018. Il est membre du mouvement des Socialistes démocrates d’Amérique (DSA) et a centré sa campagne sur la lutte contre la vie chère, avec des propositions telles que l’encadrement des loyers et les transports publics gratuits.
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