Les images arrivent d’Iran au compte-gouttes, et elles dépeignent un pays en proie au chaos : des dizaines, voire des centaines de milliers de manifestants ; des sacs mortuaires étalés à l’extérieur des morgues ; des coups de feu qui retentissent dans les rues.
La semaine [du 5 janvier], la contestation semblait avoir pris de telles proportions que les détracteurs de la République islamique estimaient que le régime était sur le point de s’effondrer et que son guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, se préparait à fuir comme l’avait fait Assad [en Syrie].
Mais à peine quelques jours plus tard, des Iraniens contactés sur des lignes téléphoniques crachotantes ou grâce à des connexions Internet secrètes affirment que les manifestations sont en train de s’atténuer. Internet étant toujours coupé en Iran, rares sont les informations fiables qui parviennent à filtrer, et la désinformation enfle pour combler le vide. Il est par conséquent presque impossible d’évaluer ce qui s’est vraiment passé dans ce pays de 90 millions d’habitants.
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