A 40 ans, la ministre des Comptes publics sera officiellement nommée demain par Emmanuel Macron pour prendre la succession de Pierre Moscovici à la présidence de la Cour des comptes. L’information a été confirmée par l’Elysée et la nomination devrait être effective mercredi en Conseil des ministres.
Contrairement à d’autres fonctions, comme celle du président du Conseil constitutionnel ou du Défenseur des droits, cette nomination du chef de l’Etat ne nécessite pas d’approbation par les commissions du Parlement. « Qu’un président de la République puisse placer ses proches dans une institution censée prendre de la hauteur et être indépendante, ça devrait nous faire réfléchir à une réforme des institutions », observe le président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard qui ajoute, taquin : « Amélie de Montchalin est une militante du libéralisme. Sébastien Lecornu va-t-il ouvrir une enquête administrative comme il l’a fait après la nomination d’Anne Le Strat à l’Office français de la biodiversité (OFB) ? ».
Le mois dernier, la nomination d’Anne Le Strat, ancienne responsable écologiste et dirigeante d’Eau de Paris, en tant que directrice générale déléguée à « la mobilisation de la société » au sein de l’OFB, avait provoqué la colère des syndicats agricoles et conduit le Premier ministre à lancer une enquête administrative sur les modalités de son recrutement.
Pur produit du macronisme, Amélie de Montchalin a été élue députée en 2017 avant de rejoindre le gouvernement d’Édouard Philippe deux ans plus tard. Ancienne ministre de la Transition écologique. Sa défaite aux législatives de 2022 sera le départ d’une petite traversée du désert, avant d’être rappelée au gouvernement fin 2024 par François Bayrou.
« C’est quelqu’un de très compétent. Mais c’est un choix qui m’interroge. Une ministre des Comptes publics qui devient présidente de la Cour des comptes. Ça veut dire qu’elle va rendre des avis sur le budget qu’elle a présenté. Je crains qu’il y ait un conflit d’intérêts dans cette décision », note Thierry Cozic, vice-président socialiste de la commission des finances du Sénat avant de glisser. « On n’est quand même pas dans la République des copinages ».
|