Les agriculteurs ont, dans une quasi-unanimité, accepté la trêve de Noël. La dermatose nodulaire commune (DNC), non. Le ministère de l'Agriculture a annoncé ce vendredi un nouveau cas dans l'Ariège, ce qui va conduire à l'abattage total de l'ensemble du troupeau. Ce qui rappelle que la situation est encore très tendue, alors que les syndicats agricoles seront reçus à Matignon lundi et mardi.
Au total, 116 foyers de DNC ont été identifiés en France depuis son apparition sur le territoire national le 29 juin. Trois foyers supplémentaires, situés dans le Sud-Ouest, ont donc été détectés et dépeuplés depuis le 19 décembre. Et ce, malgré la progression fulgurante de la vaccination.
Comme le gouvernement s'y était engagé avant les vacances, en déployant notamment des moyens militaires, la couverture vaccinale s'étend en effet très vite dans les dix départements occitans et aquitains concernés par la campagne. L'année 2026 commence ainsi avec 68,6 % du cheptel vacciné, soit 495.602 bovins vaccinés.
L'ensemble des bovins de l'Ariège et des Pyrénées-Orientales ont reçu l'injection, alors qu'il n'en manque plus qu'environ un millier (sur quelque 22.000) à vacciner dans l'Aude. Malgré tout, l'immunité n'est pas encore atteinte.
Le vaccin a besoin de 21 jours pour faire pleinement effet, rappelle le ministère de l'Agriculture, alors que le virus peut mettre jusqu'à 35 jours pour que des symptômes se manifestent. Résultat : d'autres foyers - peut-être déjà actifs - risquent de se manifester dans ces prochains jours.
Ainsi, le dernier foyer identifié « est un troupeau de l'est de l'Ariège, qui était vacciné depuis une quinzaine de jours, et qui va être abattu » vendredi à Léran, a indiqué à l'AFP Philippe Lacube, président de la chambre d'agriculture de l'Ariège. Les éleveurs concernés « ne veulent pas de blocage chez eux », a précisé Angel Alegre, porte-parole de la Confédération paysanne (syndicat classé plutôt à gauche) du département, qui organise ce vendredi un rassemblement à une vingtaine de kilomètres de l'exploitation touchée.
Coordination rurale (classée plutôt à droite, voire à l'extrême droite) et la Confédération paysanne continuent de réclamer une évolution du protocole sanitaire, notamment pour les élevages vaccinés, avec un « abattage sélectif » des animaux malades. Ils devraient le redire au Premier ministre lundi et mardi, puisque Sébastien Lecornu les recevra de nouveau à Matignon.
Alors que Bruxelles a été l'objet d'un mouvement agricole d'ampleur mi-décembre, orchestré par la FNSEA, les JA et leurs alliés européens, avant que la Commission européenne n'accepte de reporter la signature de l'accord de libre-échange avec le Mercosur, sa présidente Ursula von der Leyen a dit sa volonté de l'entériner le 12 janvier. Un casus belli pour toutes les organisations syndicales agricoles.
Soutien inattendu, l'entourage de Sébastien Lecornu fait savoir que le Premier ministre considère comme « légitime que les mobilisations se poursuivent » car « elles jouent un rôle essentiel pour maintenir la pression sur Bruxelles » sur le traité UE-Mercosur mais aussi sur le futur budget de la Politique agricole commune (PAC) ou la problématique des engrais.
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