Lors d’un meeting à Perpignan, le leader de La France insoumise (LFI) a dit : « M. Glucksmann et je ne sais qui encore, Glucksmann pardon…, après j’en ai pour des heures. » Dans la première référence au nom de l’eurodéputé, Jean-Luc Mélenchon prononce « Glucksman » et la seconde fois, lorsqu’il se reprend, il prononce « Glucksmane ».
« On ne joue pas (…) sur des noms à consonance juive ou à consonance étrangère. Ce n’est pas la tradition de la République », lui a répondu Raphaël Glucksmann, lundi sur Franceinfo. « En faisant cela, il s’exclut lui-même de la gauche et de la République » et « confirme aux yeux de tous qu’il est devenu le Jean-Marie Le Pen de notre époque », a-t-il ajouté. « Il est devenu ce mélange de trublion et de clown qui joue avec les pires codes de l’extrême droite française et de l’antisémitisme », a affirmé l’eurodéputé. « Il flatte les pires instincts dans la société », a-t-il insisté, réaffirmant qu’une alliance électorale avec LFI était désormais impossible.
Peu après, Jean-Luc Mélenchon s’est dit « désolé » d’avoir « déformé par erreur » le nom de l’eurodéputé et d’autres personnalités, promettant de ne plus recommencer. Le leader de LFI a affirmé sur X avoir « déformé par erreur beaucoup de noms dans ce discours » à Perpignan, comme celui de Donald Trump ou du candidat « insoumis » Mickaël Idrac. « Celui de Glucksmann provoque des réactions alors même que j’ai rectifié sur-le-champ. J’en suis le premier désolé pensant à ceux que cela blesse. (…) On ne m’y reprendra pas », a-t-il dit.
Jean-Luc Mélenchon a été accusé d’antisémitisme ces derniers jours pour avoir ironisé sur le nom à consonance juive de Jeffrey Epstein, en se demandant si la prononciation « Epstine » [èpstine] ne visait pas à le russifier. En l’occurrence, Jean-Luc Mélenchon se trompe : en russe, Epstein s’écrit Эпштейн et se prononce « èpchtéïne ». Le leader « insoumis » a ainsi été accusé de s’amuser de la prononciation de noms juifs, mais aussi de sous-entendre l’existence d’un complot visant à cacher l’origine juive du pédocriminel américain.
Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national, avait suscité l’indignation avec un jeu de mots resté célèbre, « Durafour crématoire », associant en 1988 le nom du ministre Michel Durafour aux camps de la mort nazis. Il avait été condamné par la justice.
Durant son meeting, dimanche, Jean-Luc Mélenchon s’est défendu de tout antisémitisme et affirmé que son parti combat « le racisme antijuif ».—
|