Lors de ses vœux aux armées, Emmanuel Macron a jugé jeudi 15 janvier que la France doit consentir à "des efforts à la mesure de notre rude époque", estimant nécessaire un budget supplémentaire de 36 milliards d'euros pour les armées d'ici à 2030 via une actualisation de la loi de programmation militaire.
"Pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort", a déclaré le chef de l'État en présentant ses vœux aux armées sur la base aérienne d'Istres (Bouches-du-Rhône). La loi de programmation militaire 2024-2030, qui prévoit actuellement 413 milliards d'euros, doit pouvoir être actualisée et adoptée "d'ici le 14 juillet prochain" selon lui.
Le projet de budget 2026, qui tarde à être adopté, prévoit 57,2 milliards d'euros pour les armées (+13 %), dont 3,5 milliards de "surmarche" budgétaire qui n'était pas prévus par la LPM actuelle. Le président avait dit l'été dernier souhaiter une autre "surmarche" de 3 milliards d'euros pour 2027. Ces 36 milliards d'euros supplémentaires doivent permettre de "préserver la crédibilité opérationnelle de nos armées et faire face, si nous devions y être confrontés, à un engagement majeur d'ici trois à quatre ans" face à une Russie perçue comme de plus en plus menaçante pour la sécurité de l'Europe.
Ils serviront à financer "trois grandes priorités", a-t-il détaillé : l'augmentation des "stocks de munitions de tous types" et le renforcement de la "préparation opérationnelle de nos armées" ; les moyens permettant de "garantir notre souveraineté" comme le développement d'un système d'alerte avancée s'appuyant sur des satellites et des radars permettant de détecter des tirs de missile à longue portée ; le renforcement des moyens de protection des militaires (défense sol-air et antidrones), de frappe dans la profondeur ou le nombre de drones. Alors que les pays d'Europe accroissent leurs budgets militaires, Emmanuel Macron a réitéré son appel aux industriels de défense à produire plus vite pour répondre à la demande. "Nous avons besoin de produire plus vite, de produire en volume, de massifier encore davantage avec des systèmes plus légers et de façon innovante", sous peine "de se faire sortir du marché", a-t-il mis en garde.
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