« Nous sommes la France ! » : des milliers de personnes se sont rassemblées samedi 4 avril à Saint-Denis contre le racisme à l’appel du nouveau maire « insoumis » Bally Bagayoko.
L’édile « insoumis » a lancé un appel à ce rassemblement après avoir été victime d’une campagne de haine, dont des propos racistes tenus sur CNews. « Nous sommes aujourd’hui extrêmement nombreux (...) Nous n’avons pas peur de l’extrême droite, la lutte contre le racisme est une lutte que nous allons gagner. Nous sommes la France ! » a lancé Bally Bagayoko depuis la tribune au terme de ce « rassemblement citoyen » conclu par La Marseillaise, dans une ambiance festive.
Ce rassemblement s’est tenu sur le parvis de l’hôtel de ville de cette ville populaire de banlieue, la deuxième plus grande d’Ile-de-France après Paris. « Je ne suis que celui, en fin de compte, par lequel les stigmates ont été posés, mais avant moi, il y a beaucoup d’habitants et d’habitantes qui en ont été victimes », a souligné M. Bagayoko, en préambule du rassemblement. « Nous voulons dire avec fermeté et de manière définitive notre attachement viscéral aux valeurs de la République, “Liberté, Egalité, Fraternité”, incarnée par celles et ceux qui sont héritiers et héritières de l’immigration », a-t-il continué, condamnant des « institutions défaillantes, parfois même complices ». « Il s’agit d’un SOS de toutes celles et ceux qui appartiennent à la communauté de destin que nous voulons construire », a lancé à la foule M. Bagayoko.
De nombreuses personnalités politiques de gauche, dont Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot et Sophia Chikirou pour LFI, ainsi qu’une délégation socialiste, se sont retrouvées avec plusieurs syndicats et associations sur le parvis de la mairie nouvellement « insoumise ». En revanche, le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, et le secrétaire national du Parti communiste (PCF), Fabien Roussel, n’ont pas fait le déplacement. La secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, n’a pas pu s’y rendre pour raisons médicales, a-t-elle fait savoir.
« Nous avons affaire à un moment de l’histoire de France, une bascule est en train de s’opérer », a déclaré le chef de La France insoumise, Jean-Luc Mélanchon, en préambule au rassemblement, louant une « scène nécessaire, indispensable à l’unité du peuple français ». « Quand nous nous réjouissions de voir [les héritiers de l’immigration] accéder aux premières responsabilités, notre joie a été aussitôt gâchée par une vague de racisme écœurant venant des élites politico-médiatiques qui, sans réserve, sans frein, ont étalé leur mépris à l’égard d’une partie de notre peuple », a-t-il ajouté. Sur les pancartes des manifestants, on pouvait lire : « On veut plein de maires noirs contre la peste brune », sous les slogans « La jeunesse emmerde le Front national ! » ou encore « Siamo tutti antifascisti ! » (« nous sommes tous des antifascistes », en italien).
Alors que plusieurs partis étaient absents, ainsi que les représentants du gouvernement, « la cause que nous défendons est au-dessus » des divergences ou des difficultés pour certains à s’afficher aux côtés de La France insoumise, a estimé, samedi matin, sur Franceinfo, M. Bagayoko. Ceux qui réduisent cette marche « à l’étiquette de La France insoumise ont tort et sont indignes, finalement, de ce combat qui est un combat contre le racisme, contre l’antisémitisme et contre l’islamophobie et toutes les formes de discriminations », a-t-il poursuivi.
Bally Bagayoko a également dénoncé le « silence » du chef de l’Etat, Emmanuel Macron, sur le sujet, ce qui « confirme le fait qu’il n’est pas engagé sur cette lutte » contre le racisme, a-t-il estimé. Interrogé sur l’absence de la ministre déléguée chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, il a jugé que s’il y avait « une ministre qui aurait dû être là, c’est bien elle », tout en la remerciant de lui avoir témoigné sa solidarité par téléphone.
|